Vendredi 12 janvier 2007

Petit tour d'horizon sur ce qui m'a le plus marqué au cinéma pendant l'année 2006.


Cette année, je n'ai vu que 35 nouveautés en salles, ce qui est relat
ivement peu pour moi par rapport aux années précédentes (et aussi si l'on considère que j'ai la carte Gaumont Pathé MK2). La raison en est le manque de temps (ou d'organisation...), mais aussi les nombreuses ressorties de films plus anciens, et la programmation toujours très riches des salles obscures parisiennes.
J'ai raté pas mal de films nouveaux que je voulais voir autant des grosses machines que des films plus modestes (Miami Vice, Superman Returns, Le Labyrinthe de Pan, Mémoires de no pères, Mon Colonel, Tideland, Monster House, Casino Royale, Jarhead, Le Prestige, Black Book, Voiture de luxe, Indigènes, Libero, etc)
Parmi les reprises & séances spéciales, je retiens surtout West Side Story (que j'ai découvert pour l'occasion dans la meilleure salle parisienne, le Max Linder Panorama), cinq  très beaux films de Kenji Mizoguchi (Cinq femmes autour d'Utamaro, Les Femmes de la nuit, L'Amour de l'actrice Sumako, Flamme de mon amour, L'Epée Bijomaru, ce dernier étant plus anecdotique), et Sandra de Luchino Visconti à la Cinémathèque.


Pour faire plus simple, un petit top 10 en images et en quelques mots :


Le Nouveau monde
, de Terrence Malick
Relecture de l'histoire de Pocahontas qui mêle contemplation, animisme et épopée amoureuse. À nouveau je suis sous le charme de ce style léger, aérien, du montage de Malick, de ses images de nature, d'une beauté à couper le souffle, et de son utilisation géniallissime de la musique. Désormais, impossible d'entendre l'Ouverture de L'Or du Rhin (et donc de la Tétralogie), morceau évoquant l'aube d'un monde nouveau, de la même manière : la silhouette de la jeune indienne hante à jamais pour moi les notes de Wagner...


Pompoko, d'Isao Takahata
Encore une fois chez Takahata, l'inventivité est de tous les instants, au service de l'histoire de ces tanukis en proie à l'urbanisation de leurs vertes contrées. Des métamorphoses de roustons en parachutes, au grand effort final pour une reverdie des villes nouvelles, ce sont pleins d'émotions diverses qui nous assaillent devant ce bijou du cinéma d'animation.


Les Fils de l'homme, d'Alfonso Cuaron
film d'anticipation au point de départ qui fait bien froid dans le dos.(dans un futur proche, l'être humain ne peut plus avoir d'enfants). Réalisation ultra tendue, dont plusieurs séquences en steady-cam plans séquences, tout simplement hallucinants (qu'ils soient truqués ou non, peu importe). La caméra colle aux basques de Clive Owen. Résultat : on est avec son personnage du début à la fin, sa tristesse, sa panique deviennent celle du spectateur.

Coeurs, d'Alain Resnais
Alain Resnais cinéaste utilise avec toujours autant de talent tous les éléments à sa disposition : jeu sur les lumières, jeu d'optique, cadrages et mouvements originaux, acteurs complètement à son service... pour aboutir à un climax dingue, où la neige s'invite en intérieur, la lumière sombre, travelling à l'épaule, qui accentuer le sentiment de solitude de ces coeurs esseulés. La lumière froide des six derniers plans ferment avec justesse cet entrecroisement émouvant de six destinés. J'espère toutefois qu'ils ne concluent pas la carrière de ce cinéaste.

Volver, de Pedro Almodovar
Splendide portraits de femmes, dans cet univers très coloré si séduisant des films d'Almodovar. Les liens tissés entre le personnage de Penelope Cruz et sa mère, ainsi que ceux avec sa fille, me touchent beaucoup, je trouve leurs histoires bouleversantes. Ce film m'a presque autant plu que Parle avec elle, que je tiens pour l'un des plus grands films de ces dernières années. Et à ma grande surprise, j'ai trouvé Penelope Cruz parfaite.

Silent Hill, de Christophe Gans
Les défauts récurrents de Christophe Gans sont toujours là (direction d'acteurs un peu aproximative, dialogues pas toujours très heureux), mais cette fois-ci, le réalisateur s'est calmé niveau références cinématographiques. Les effets spéciaux sont parfaits : la mutation jour/nuit de la ville est bluffante (décrépitude accélérée des bâtiments, éclairages rouge/jaune à frémir) et la violence graphique de l'ensemble horrible à souhait (hmmm l'écorchage de la jeune fille par Pyramid Head, la flic qui crame...). Et derrière ces péripéties, la violence est aussi dans cette thématique mère/fille complexe, ces personnages de mère qui veulent sauver leur fille et font tout pour y arriver.
Film d'horreur qui devait être 100% féminin. Christophe Gans a correctement su intégrer des séquences masculines imposées par la production, bien qu'elles restent assez anecdotiques.

The Host, de Bong Joon-ho
Film fantastique passé à la sauce réaliste de Bong Joon-ho (après le polar tragi-comique Memories of Murder). Réaliste car le scénario ne se prive pas de placer des scènes qui deviennent burlesques ou ridicules dans un contexte pas forcément drôles : devant cette famille qui laisse exploser sa tristesse lors d'une veillée funèbre aux victimes du monstre, en se roulant exagérément par terre et pleurant le plus fort possible, il est difficile de rester stoïque.
Divertissement de très haute qualité, qui mêle avec brio un message politique fort (contre les autorités américaines et coréennes et l'aveuglement des médias) et un suspense qui tient en haleine juqu'à la dernière minute.

OSS 117 : Le Caire, nid d'espions, de Michel Hazanavicius
Pastiche de films d'espionnage des années 50-60, que j'ai mis du temps à aller voir (mauvais a priori, je ne sais plus pourquoi). La direction artistique est irréprochable, du pyjama d'Hubert Bonisseur de la Batte aux robes de Larmina. Les acteurs ont l'air de s'amuser autant que le spectateur. Et Bambino en arabe, c'est très entraînant !

The Fountain, de Darren Aronofsky
Ovni cinématographique qui vaut le coup d'oeil, malgré son côté fauché (décors réduits en nombre et en espace) et son imperfection générale. Le message est assez naïf, le ton un peu trop sûr de lui, et certains détails ne passent pas (le tai chi stellaire, mouef). Mais derrière ce qui était présenté comme une histoire d'amour sur trois périodes historiques se cache en réalité une réflexion sur la difficulté du deuil dans un couple. Les partis pris radicaux de cadrages, d'éclairages, de montage, d'illustrations sonores me touchent beaucoup. La séquence finale est un véritable feu d'artifice technique dans son mariage des images (effets spéciaux réussis) et de la musique (Clint Mansell au top). On verra comment le film va vieillir.

Nausicaä de la vallée du vent, de Hayao Miyazaki
Fable post-apocalyptique, ce film possède une force émotionnelle dont la principale responsable est Nausicaä elle-même, le plus beau personnage de Miyazaki. Du coup, l'âge de l'animation disparaît, les synthés de certains passages de la bande-son ne sont que des détails : l'épopée de Nausicaä et des siens dans cet univers sombre et dévasté emporte le spectateur.
Le manga est à lire de toute urgence.
Jeudi 2 novembre 2006

Luchino Visconti aurait eu 100 ans aujourd'hui. Décédé en 1976, il a laissé derrière lui une oeuvre cinématographique rare - 14 films dont plusieurs sont presque invisibles - et précieuse par la méticulosité de son exécution et son influence sur nombre de cinéastes.

Mise à part la récente rétrospective intégrale de ses films à l'Institut Lumière, il ne semble pas y avoir d'autres formes d'hommage à Visconti pour cet anniversaire. En toute modestie, ce petit article va essayer de combler cet oubli.

Plutôt que de me perdre dans les éloges et l'emphase, voici une petite suite de commentaires subjectifs sur les films de Visconti et ma rencontre avec eux, dans l'ordre de découverte.
(NB : je ferais des ajouts et des retouches dans les jours à venir !)


Le Guépard (Il gattopardo, 1963)

Rocco et ses frères (Rocco e i suoi fratelli, 1960)

Violence et passion (Gruppo di famiglia in un interno, 1974)

Mort à Venise (Morte a Venezia, 1971)

Senso (1954)

Les Amants diaboliques (Ossessione
, 1943)

Ludwig (1972)

L'Innocent (L'innocente
, 1976)

Les Damnés (La caduta degli dei
, 1969)

Le Travail (Il lavoro
, in Boccace '70, 1969)

Alla ricerca di Tadzio (1970)

Nuits blanches (Les notti bianche
, 1957)

La Terre tremble (La terra trema: Episodio del mare
, 1948)

Sandra (Vaghe stelle d'ellOrsa...
, 1965)


[en contsruction...]
par Sylvain/Kaonashi publié dans : Dernière(s) séance(s)
Mardi 3 octobre 2006

Puisqu'il est temps de sauver une bonne fois pour toute cette page de la non-vie qui la caractérise depuis quelques jours/semaines/siècles, me revoilà.

Nouveau signe de vie, avec le début d'une nouvelle série d'"articles", tournant autour du cinéma.
Histoire de faire simple pour commencer, je me contenterai de copier l'ami Elias. Non pas en dessinant, ce ne serait qu'un gribouillage-repoussoir parfaitement inutile pour apprécier son talent.
Non. Je reprends la liste de mes 100 films préférés, établie il y a quelques semaines pour un sondage du forum dvdclassik.
Exercice crève-coeur et parfaitement inutile à la fois, duquel ressort ce que je considère comme une sélection de chefs-d'oeuvre incoutournable du 7e art. Je n'ai pas pu (et tout compte fait pas voulu) me limiter à un seul film par réalisateur, ça compliquait trop la tâche.
C'est parti.


2001, l'odyssée de l'espace  (2001 : A Space Odyssey), de Stanley Kubrick, 1968

Aguirre, la colère de Dieu (Aguirre, der Zorn Gottes), Werner Herzog, 1972
A.I. intelligence artificielle (Artificial Intelligence: A.I.), de Steven Spielberg, 2001
Akira, Katsuhiro Otomo, 1988
Amarcord, Federico Fellini, 1973
Apocalypse Now redux, Francis Ford Coppola, 1979-2001
Ariane (Love in the Afternoon), Billy Wilder, 1957
Arizona Dream, Emir Kusturica, 1993
L'Armée des ombres, Jean-Pierre Melville, 1969
L'Arrangement (The Arrangement), Elia Kazan, 1969
Arsenic et vieilles dentelles (Arsenic and Old Lace), Frank Capra, 1944
L'Aurore (Sunrise: A Song of Two Humans), Friedrich Wilhelm Murnau, 1927
L'Aventure de Mrs. Muir (The Ghost and Mrs. Muir), Joseph L. Mankiewicz, 1947

La Ballade de Narayama (Narayama Bushiko), Keisuke Kinoshita, 1954
Barry Lyndon, Stanley Kubrick, 1975
Blade Runner, Ridley Scott, 1982-1991
Blind Shaft (Mang jing), Li Yang, 2003
Le Bon, la brut et le truand (Il Buono, il brutto, il cattivo), Sergio Leone, 1966
Brigadoon, Vincente Minnelli, 1954
Buffet froid, Bertrand Blier, 1979

Cette sacrée vérité (The Awful Truth), Leo McCarey, 1937
La Chambre des officiers, François Dupeyron, 2001
Les Contes de la lune vague après la pluie (Ugetsu Monogatari), Kenji Mizoguchi, 1953
Créatures célestes (Heavenly Creatures), Peter Jackson, 1994
Cyrano de Bergerac, Jean-Paul Rappeneau (1990)

Les Damnés (La caduta degli dei), Luchino Visconti, 1969
Danse avec les loups (Dance with Wolves), Kevin Costner, 1990
Les Démons à ma porte (Guizi lai le), Jiang Wen, 2000
Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany's), Blakes Edwards, 1961
Le Dictateur (The Great Dictator), Charlie Chaplin, 1940)
Dolls, Takeshi Kitano (2002)
Dracula, Francis Ford Coppola, 1992
Les Duellistes (The Duellists), Ridley Scott, 1977

L'Enfance nue, Maurice Pialat, 1968
Les Enfants du paradis, Marcel Carné, 1945
Edward aux mains d'argent (Edward Scissorhands), Tim Burton, 1990
Elephant Man (The Elephant Man), David Lynch, 1980
L'Etrange noël de M. Jack (The Nightmare Before Christmas), Henry Selick, 1993
Excalibur, John Boorman (1981)

Fargo, Joel Coen (1996)
Faust, Friedrich Wilhelm Murnau (1926)
La Fièvre dans le sang (Splendor in the Grass), Elia Kazan, 1961
Frontière chinoise (7 Women), John Ford, 1966

La Garçonnière (The Appartment), Billy Wilder, 1960
Le Gouffre aux chimères (Ace in the Hole), Billy Wilder, 1951
Le Guépard (Il Gattopardo), Luchino VIsconti, 1963

Il était une fois dans l'ouest (C'era una volta il West), Sergio Leone, 1968
L'Impossible Monsieur Bébé (Bringing Up Baby), Howard Hawks, 1938
L'Incompris (Incompreso), Luigi Comencini, 1966
L'Inconnu (The Unknown), Tod Browning, 1927
Intendant Sanshô (Sanshô Dayû), Kenji Mizoguchi, 1954
In the Mood for Love (Fay yeung nin wa), Wong Kar-wai, 2000

La Jetée, Chris. Marker, 1962
Johnny Guitare (Johnny Guitar), Nicholas Ray, 1954

Kanzo Sensei, Shohei Imamura, 1998

Laura, Otto Preminger, 1944
Lettre d'une inconnue (Letter from An Unknown Woman), Max Ophuls, 1948
Lost Highway, David Lynch, 1996
Les Lumières de la ville (City Lights), Charlie Chaplin, 1931

Memories, de Kôji Morimoto, Tenzai Okamura et Katsuhiro Otomo, 1995
M le maudit (M), Fritz Lang, 1931
Les Moissons du ciel (Day of Heaven), Terrence Mallick, 1978
La Monstrueuse parade (Freaks), Tod Browning, 1932
Mon voisin Totoro (Tonari no Totoro), Hayao Miyazaki, 1988

Le Narcisse noir (Black Narcissus), Michael Powell et Emereic Pressburger, 1947
Nos meilleures années (La meglio gioventù), Marco Tullio Giordana, 2003
Le Nouveau monde (The New World), Terrence Mallick, 2005

Oasis, Lee Chang-dong, 2002

Parle avec elle (Hable con ella), Pedro Almodovar, 2002
Pas de deux, Norman McLaren, 1968
Pluie noire (Kuroi ame), Shohei Imamura, 1989
Pompoko (Heisei tanuki gassen pompoko), Isao Takahata, 1994
Porco Rosso (Kurenai no buta), Hayao Miyazaki, 1992
La Porte du paradis (Heaven's Gate), Michael Cimino, 1981
Princesse Mononoke (Mononoke-hime), Hayao Miyazaki, 1997
Psychose (Psycho), Alfred Hitchcock, 1960

Les Quatre cavaliers de l'apocalypse (Four Horsemen of the Apocalypse), Vincente Minnelli, 1962

Rashômon, Akira Kurosawa, 1950
Reflets dans un oeil d'or (Reflections in a Golden Eye), John Huston, 1967
Rocco et ses frères (Rocco e i suoi fratelli), Luchino Visconti, 1960
Rome, ville ouverte (Roma, città aperta), Roberto Rossellini, 1944
Le Roi et l'oiseau, Paul Grimault, 1980

Scaramouche, George Sidney, 1952
Le Seigneur des anneaux (Lord of the Ring), Peter Jackson, 2001-2003
Série noire, Alain Corneau, 1979
Les Sept samouraïs (Shichinin no samurai), Akira Kurosawa, 1954
Seule dans la nuit (Wait Until Dark), Terrence Young, 1967)
Smoking / No Smoking, Alain Resnais, 1993
Star Wars, Georges Lucas, Irvin Kershner et Richard Marquant (1977-2005)
Sur la route de Madison (The Bridges of Madison County), Clint Eastwood, 1995

Taxi Driver, Martin Scorsese, 1976
Le Temps de l'innocence (The Age of Innocence), Martin Scorsese, 1993
Tess, Roman Polanski, 1979
Le Tombeau des lucioles (Hotaru no haka), Isao Takahata, 1988
The Truman Show, Peter Weir, 1998

Le Vent (The Wind), Victor Sjöström, 1928
La Vie de Brian (Life of Brian), Terry Jones, 1979
La Vie est belle (It's a Wonderful Life), Frank Capra, 1946
Le Voleur de bicyclette (Ladri di biciclette), Vittorio de Sica, 1948

Yi Yi, Edward Yang, 2000



Et je ne peux m'empêcher de rajouter quelques "bonus" :
L'Homme qui voulut être roi, Une balle dans la tête, La Ligne rouge, Full Metal Jacket, Chien enragé, Marathon Man, La Femme de Seisaku, Requiem for a Dream, Jeux dangereux (To be or note to be), Le Portrait de Dorian Gray, La Nuit du chasseur, Le Mecano de la "General", Nosferatu (Murnau), Moulin rouge!, Le Monde perdu - Jurassic Park 2, Eyes Wide Shut, Le Jour du vin et des roses, Le Rebelle, Les Rapaces, Amadeus, Voyage à deux, Sandra...

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