Texte Libre
Bienvenue dans L'ANTRE DE KAONASHI !
Ne faites pas attention au bazar et surtout au silence qui y règnent.
Ce n'est qu'un blog sans visage ("kaonashi") particulier, sans rien d'exceptionnel.
Juste là pour accueillir quelque envie soudaine ; de montrer une de mes photos dont je ne suis pas trop mécontent, d'écrire un peu sur un film, un bouquin,
une humeur ou de parler d'un site internet d'un blog qui vaut le détour, selon moi, à un moment donné.


Moncontour, août 2006.

Quelque part à Londres, septembre 2003.
Petit tour d'horizon sur ce qui m'a le plus marqué au cinéma pendant l'année 2006.
Cette année, je n'ai vu que 35 nouveautés en salles, ce qui est relativement peu pour moi par rapport aux années précédentes (et aussi si l'on considère que j'ai la carte Gaumont Pathé MK2). La raison en est le manque de temps (ou d'organisation...), mais aussi les nombreuses ressorties de films plus anciens, et la programmation toujours très riches des salles obscures parisiennes.
J'ai raté pas mal de films nouveaux que je voulais voir autant des grosses machines que des films plus modestes (Miami Vice, Superman Returns, Le Labyrinthe de Pan, Mémoires de no pères, Mon Colonel, Tideland, Monster House, Casino Royale, Jarhead, Le Prestige, Black Book, Voiture de luxe, Indigènes, Libero, etc)
Parmi les reprises & séances spéciales, je retiens surtout West Side Story (que j'ai découvert pour l'occasion dans la meilleure salle parisienne, le Max Linder Panorama), cinq très beaux films de Kenji Mizoguchi (Cinq femmes autour d'Utamaro, Les Femmes de la nuit, L'Amour de l'actrice Sumako, Flamme de mon amour, L'Epée Bijomaru, ce dernier étant plus anecdotique), et Sandra de Luchino Visconti à la Cinémathèque.
Pour faire plus simple, un petit top 10 en images et en quelques mots :

Le Nouveau monde, de Terrence Malick
Relecture de l'histoire de Pocahontas qui mêle contemplation, animisme et épopée amoureuse. À nouveau je suis sous le charme de ce style léger, aérien, du montage de Malick, de ses images de nature, d'une beauté à couper le souffle, et de son utilisation géniallissime de la musique. Désormais, impossible d'entendre l'Ouverture de L'Or du Rhin (et donc de la Tétralogie), morceau évoquant l'aube d'un monde nouveau, de la même manière : la silhouette de la jeune indienne hante à jamais pour moi les notes de Wagner...
Pompoko, d'Isao Takahata
Encore une fois chez Takahata, l'inventivité est de tous les instants, au service de l'histoire de ces tanukis en proie à l'urbanisation de leurs vertes contrées. Des métamorphoses de roustons en parachutes, au grand effort final pour une reverdie des villes nouvelles, ce sont pleins d'émotions diverses qui nous assaillent devant ce bijou du cinéma d'animation.
Les Fils de l'homme, d'Alfonso Cuaron
film d'anticipation au point de départ qui fait bien froid dans le dos.(dans un futur proche, l'être humain ne peut plus avoir d'enfants). Réalisation ultra tendue, dont plusieurs séquences en steady-cam plans séquences, tout simplement hallucinants (qu'ils soient truqués ou non, peu importe). La caméra colle aux basques de Clive Owen. Résultat : on est avec son personnage du début à la fin, sa tristesse, sa panique deviennent celle du spectateur.
Coeurs, d'Alain Resnais
Alain Resnais cinéaste utilise avec toujours autant de talent tous les éléments à sa disposition : jeu sur les lumières, jeu d'optique, cadrages et mouvements originaux, acteurs complètement à son service... pour aboutir à un climax dingue, où la neige s'invite en intérieur, la lumière sombre, travelling à l'épaule, qui accentuer le sentiment de solitude de ces coeurs esseulés. La lumière froide des six derniers plans ferment avec justesse cet entrecroisement émouvant de six destinés. J'espère toutefois qu'ils ne concluent pas la carrière de ce cinéaste.
Volver, de Pedro Almodovar
Splendide portraits de femmes, dans cet univers très coloré si séduisant des films d'Almodovar. Les liens tissés entre le personnage de Penelope Cruz et sa mère, ainsi que ceux avec sa fille, me touchent beaucoup, je trouve leurs histoires bouleversantes. Ce film m'a presque autant plu que Parle avec elle, que je tiens pour l'un des plus grands films de ces dernières années. Et à ma grande surprise, j'ai trouvé Penelope Cruz parfaite.
Silent Hill, de Christophe Gans
Les défauts récurrents de Christophe Gans sont toujours là (direction d'acteurs un peu aproximative, dialogues pas toujours très heureux), mais cette fois-ci, le réalisateur s'est calmé niveau références cinématographiques. Les effets spéciaux sont parfaits : la mutation jour/nuit de la ville est bluffante (décrépitude accélérée des bâtiments, éclairages rouge/jaune à frémir) et la violence graphique de l'ensemble horrible à souhait (hmmm l'écorchage de la jeune fille par Pyramid Head, la flic qui crame...). Et derrière ces péripéties, la violence est aussi dans cette thématique mère/fille complexe, ces personnages de mère qui veulent sauver leur fille et font tout pour y arriver.
Film d'horreur qui devait être 100% féminin. Christophe Gans a correctement su intégrer des séquences masculines imposées par la production, bien qu'elles restent assez anecdotiques.
The Host, de Bong Joon-ho
Film fantastique passé à la sauce réaliste de Bong Joon-ho (après le polar tragi-comique Memories of Murder). Réaliste car le scénario ne se prive pas de placer des scènes qui deviennent burlesques ou ridicules dans un contexte pas forcément drôles : devant cette famille qui laisse exploser sa tristesse lors d'une veillée funèbre aux victimes du monstre, en se roulant exagérément par terre et pleurant le plus fort possible, il est difficile de rester stoïque.
Divertissement de très haute qualité, qui mêle avec brio un message politique fort (contre les autorités américaines et coréennes et l'aveuglement des médias) et un suspense qui tient en haleine juqu'à la dernière minute.
OSS 117 : Le Caire, nid d'espions, de Michel Hazanavicius
Pastiche de films d'espionnage des années 50-60, que j'ai mis du temps à aller voir (mauvais a priori, je ne sais plus pourquoi). La direction artistique est irréprochable, du pyjama d'Hubert Bonisseur de la Batte aux robes de Larmina. Les acteurs ont l'air de s'amuser autant que le spectateur. Et Bambino en arabe, c'est très entraînant !
The Fountain, de Darren Aronofsky
Ovni cinématographique qui vaut le coup d'oeil, malgré son côté fauché (décors réduits en nombre et en espace) et son imperfection générale. Le message est assez naïf, le ton un peu trop sûr de lui, et certains détails ne passent pas (le tai chi stellaire, mouef). Mais derrière ce qui était présenté comme une histoire d'amour sur trois périodes historiques se cache en réalité une réflexion sur la difficulté du deuil dans un couple. Les partis pris radicaux de cadrages, d'éclairages, de montage, d'illustrations sonores me touchent beaucoup. La séquence finale est un véritable feu d'artifice technique dans son mariage des images (effets spéciaux réussis) et de la musique (Clint Mansell au top). On verra comment le film va vieillir.
Nausicaä de la vallée du vent, de Hayao Miyazaki
Fable post-apocalyptique, ce film possède une force émotionnelle dont la principale responsable est Nausicaä elle-même, le plus beau personnage de Miyazaki. Du coup, l'âge de l'animation disparaît, les synthés de certains passages de la bande-son ne sont que des détails : l'épopée de Nausicaä et des siens dans cet univers sombre et dévasté emporte le spectateur.
Le manga est à lire de toute urgence.

Et bonne année 2007 !

Ah c'est sûr qu'il a une belle vue, le Saint-Georges, de là-haut. Mais en attendant, ça fait un peu bête, le bras qui pendouille...
[Photo argentique scannée, pellicule n&b Ilford Delta 3200, d’où le grain épais.]
Non, contrairement à ce que le titre d'aujourd'hui pourrait laisser penser, il n'y a ici aucune référence au Groland.
Août 2005.

Parfois, on part dans un endroit somptueux, dans l'idée de passer une bonne journée. Mais aussi, appareil photo à la main, avec l'intention d'en rapporter quelques belles clichés, un peu pas trop proche des photos de cartes postales qu'on pourrait acheté à la sortie de la visite.
Puis finalement on se retrouve avec de bêtes photos, avec une joli lumière de fin de journée, certes.
Et du coup, tout ce qu'on retient, c'est cette image de deux bêtes volatiles faisant les zouaves dans une eau stagnante sous les yeux amusés des touristes.
C'était un peu les deux stars à l'entrée de Chenonceau, cet après-midi là...
(photo argentique scannée, avec un tout petit coup de "sharpen" via Photofiltre)

Durant ces quelques semaines de canicule, rares étaient les endroits de la capitale où l'on pouvait vraiment respirer. À vrai dire, il n'y en avait aucun, et le parvis de
Mais le besoin de sortir de la tour bien climatisée et de prendre un peu l'air (façon de parler) se faisait sentir; malgré tout.
Et au risque de voir l'appareil photo fondre entre mes mains, quelques clichés s'imposaient.
(photo argentique scannée, avec un tout petit coup de "sharpen" via Photofiltre)

